Sénégal : quand la finance cherche sa souveraineté

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D’un côté, le FMI et ses exigences d’orthodoxie budgétaire : réduction des subventions, maîtrise du déficit. De l’autre, des voix de plus en plus audibles qui plaident pour une ingénierie financière endogène, africaine, souveraine.

La réforme qui change tout

L’économiste Ndongo Samba Sylla pose le problème clairement. Selon lui, le système actuel fait fuir les dollars à chaque importation. Rien ne revient dans l’économie nationale. Sa solution : une chambre de compensation unique. L’État récupérerait ainsi la contrepartie locale du déficit commercial. Ce déficit est estimé à 4 500 milliards de francs CFA en 2023. Sans impôt supplémentaire.

Ce n’est pas révolutionnaire sur le papier. Mais dans la pratique, ça changerait tout. Le vrai frein au développement, ce n’est pas le manque de ressources. C’est la dépendance. Les États paient leurs dettes. Et quand ils veulent investir, ils font face à des institutions qui dictent leurs conditions.

L’assurance, levier de confiance

Le secteur de l’assurance fait partie des solutions. Le Ministre Abdourahmane Sarr l’a dit à Dakar : les assureurs doivent devenir des moteurs de croissance, pas de simples pare-chocs. Les fonds d’assurance-vie pourraient financer les infrastructures et les PME localement. Le Sénégal vise 15 % du PIB investi via ce canal d’ici 2030.

Mais pour y arriver, la confiance doit d’abord être restaurée. Beaucoup d’assurés vivent encore l’indemnisation comme un parcours du combattant. C’est ce problème concret que des acteurs comme Wafa Assurance tentent de résoudre. En s’appuyant sur le réseau WafaCash, ils rapprochent le remboursement sinistre du quotidien des gens.

À Nairobi, le ton a changé. William Ruto, Président du Kenya et hôte du sommet, a été direct : l’Afrique ne veut plus d’aide ni d’emprunts. Elle veut des investissements. Vingt-trois milliards d’euros ont été annoncés. Une large part vient de capitaux privés. L’objectif : 250 000 emplois directs sur le continent. Le Président Diomaye Faye était présent. Le message était clair : le temps de la charité est révolu.

Si les mécanismes se diversifient assurances, bourse régionale, obligations diasporiques le bouche à oreille fera le reste. Au Sénégal, quand quelque chose marche vraiment, tout le monde le sait vite.

221assurances – Le site d’information N°1 de l’Assurance au Sénégal et en Afrique – 15 mai 2026

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