Marché des assurances Sénégal : un secteur solide, mais des failles qui coûtent cher

"marché des assurances Sénégal CNAS AICA Dakar"
[post-views]

290 milliards de francs CFA de chiffre d’affaires en 2024. Deuxième marché de la zone CIMA. Sur le papier, ça impressionne. Mais dans les faits, le secteur des assurances au Sénégal reste un géant aux pieds d’argile.

Un taux de pénétration qui dit tout

Le taux de pénétration tourne autour de 5 %. La moyenne africaine. Autrement dit, la quasi-totalité des Sénégalais vit, travaille et produit sans aucune couverture. Ce n’est pas faute de moyens dans certains cas. C’est souvent faute de confiance.

Ce que les professionnels reconnaissent

Mouhamadou Moustapha Fall, directeur général de la CNAS, le dit lui-même : le marché se porte « relativement bien ». Ce « relativement » en dit long. Ce n’est pas un euphémisme de politesse. C’est une lucidité rare chez un acteur du secteur.

Lors du séminaire régional de l’AICA tenu à Dakar fin avril, El Hadji Amar Kébé, président de la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances, a nommé ce que beaucoup savent sans le dire. Les consommateurs ne croient pas toujours à la promesse que leur vendent les assureurs. Pas par ignorance. Souvent parce qu’ils ont vécu un sinistre mal géré. Ou un dossier qui traîne. Ou une indemnisation qui ne ressemble pas à ce qui était écrit dans le contrat.

Depuis 2018, les assureurs sénégalais avaient créé un pool pour capter leur part du contenu local. Sept ans après, le pool n’est toujours pas opérationnel. Les rivalités entre compagnies ont eu raison de l’ambition collective. Pendant ce temps, les flux partent vers des assureurs étrangers. Un manque à gagner que tout le monde dans le milieu reconnaît.

L’assurance agricole indicielle portée par la CNAS affiche plus de 840 000 souscriptions. Les indemnisations se déclenchent automatiquement via des indices météo. Aucun passage sur le terrain n’est nécessaire. C’est exactement le genre de réponse concrète qui réconcilie les producteurs avec l’idée de s’assurer. Le Sénégal est premier en Afrique subsaharienne sur ce segment. Ce n’est pas rien.

Le vrai défi : tenir ses promesses

Ce modèle reste une exception. Simplifier les produits, aller chercher les travailleurs de l’informel là où ils sont, payer vite quand il le faut — ce ne sont pas des idées nouvelles. Ce sont des engagements qui attendent encore d’être tenus.

221assurances – Le site d’information N°1 de l’Assurance au Sénégal et en Afrique  – 29 avril 2026

Laisser un commentaire
Related Posts