La sécurité maritime internationale subit les contrecoups directs des crises géopolitiques mondiales. Le dernier rapport d’Allianz Commercial met en lumière une hausse généralisée des primes d’assurance maritime, un phénomène qui impacte directement les coûts du fret à destination des ports d’Afrique de l’Ouest, notamment Dakar.
Le transport maritime mondial traverse une zone de fortes turbulences. Le Rapport annuel sur la sécurité maritime publié ce 24 juin 2026 par Allianz Commercial révèle que si le nombre de pertes totales de navires a diminué de 37 % sur les cinq dernières années, l’environnement de risques n’a jamais été aussi complexe. La paralysie du détroit d’Ormuz, retenant 125 milliards de dollars de marchandises et 20 000 marins, en est la preuve la plus criante.
Les chaînes d’approvisionnement africaines face aux hausses de primes
Bien que les capacités de couverture soient restées disponibles sur le marché international, Allianz Commercial confirme que les primes des garanties corps et facultés ont subi des augmentations significatives en raison des risques de guerre et de détournement des trajectoires.
Pour le Port Autonome de Dakar (PAD) et les économies de la zone CIMA, ces perturbations se traduisent par un renchérissement du coût d’approche des marchandises. Les armateurs contournant les zones de conflit allongent leurs trajets, augmentant mécaniquement les risques de bris de machines (première cause de sinistre en 2025 avec 1 505 incidents) et alourdissant la facture d’assurance globale.
Risque technologique : L’enfer des incendies à bord
Le rapport pointe un autre défi majeur pour les co-assureurs et réassureurs : les incendies à bord des grands navires, qui ont enregistré en 2025 leur deuxième chiffre le plus élevé de la décennie (plus de 200 incidents). La prolifération du transport de véhicules neufs, notamment électriques, fait grimper le coût des sinistres en avarie commune.
L’analyse de 221assurances
Dans un marché ouest-africain très dépendant des importations maritimes, les importateurs et courtiers sénégalais doivent s’attendre à un durcissement des conditions contractuelles. Comme le résume Allianz Commercial, le passage d’une logique de flux tendus à une logique de résilience va obliger les acteurs locaux à provisionner davantage de risques et à optimiser leurs couvertures de facultés maritimes pour sécuriser leurs stocks.
221assurances – Le site d’information N°1 de l’Assurance au Sénégal et en Afrique – 24 juin 2026

