En marge des États généraux de l’Assurance pour Tous, organisés du 6 au 8 juillet 2026 à Cotonou, Financial Afrik a réuni plusieurs dirigeants du secteur lors d’un plateau TV consacré à la micro-assurance. Les échanges ont mis en lumière le rôle stratégique de cette branche dans l’élargissement de la couverture assurantielle sur le continent, ainsi que les conditions nécessaires à son développement à grande échelle.
Une réponse au défi de l’inclusion assurantielle
Alors que plus de 90 % de la population africaine demeure encore sans couverture d’assurance dans plusieurs pays, les intervenants ont présenté la micro-assurance comme l’un des principaux leviers pour démocratiser l’accès à la protection financière.
Pour Joël Bamogo, Président-directeur général de Yelen Capital Group (Burkina Faso), le développement de l’assurance passe désormais par une meilleure prise en compte des besoins des populations rurales, agricoles et du secteur informel.
Son groupe couvre aujourd’hui près de 100 000 personnes à travers des produits d’assurance santé, agricole, vie et dommages, avec l’ambition d’atteindre, à terme, un à deux millions de bénéficiaires.
Des produits conçus à partir des besoins des populations
Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’adapter les offres aux réalités économiques africaines.
Le fondateur de Samb’a Assurances, Dr Andrew Gwodog, estime que la micro-assurance ne peut être développée selon les méthodes traditionnelles. Les produits doivent être conçus en étroite collaboration avec les populations concernées afin de proposer des garanties simples, des primes accessibles et des modalités de paiement adaptées aux revenus souvent irréguliers.
L’entreprise commercialise notamment une solution de prévoyance entièrement digitalisée, reposant sur une cotisation équivalente à 10 francs CFA par jour, permettant le versement d’un capital de 250 000 FCFA en cas de décès.
La rapidité d’indemnisation comme facteur de confiance
Au-delà du prix, la qualité du service apparaît comme un élément déterminant pour renforcer la confiance envers les assureurs.
Dr Andrew Gwodog indique que Samb’a Assurances s’est fixé un délai maximal de cinq jours pour indemniser ses assurés, soit deux fois plus rapidement que les délais prévus par la réglementation.
Cette réactivité constitue, selon lui, un facteur essentiel pour convaincre les populations de l’utilité concrète de l’assurance.
Des solutions adaptées aux travailleurs du secteur informel
En Côte d’Ivoire, SIM Assurance développe également des produits spécifiquement destinés à certaines catégories professionnelles, notamment les livreurs et les femmes commerçantes des marchés.
Son Directeur Général, Chaka Sougué, a présenté des solutions intégrant le tiers payant, permettant aux assurés de bénéficier directement des soins auprès des établissements partenaires sans avance de frais.
Certaines offres prévoient également le versement d’indemnités journalières afin de compenser la perte de revenus en cas d’incapacité de travail.
Les cotisations peuvent, elles aussi, être versées quotidiennement afin de mieux correspondre aux réalités financières des bénéficiaires.
Construire un écosystème favorable
Les trois intervenants ont souligné que la réussite de la micro-assurance ne dépend pas uniquement des compagnies d’assurance.
Ils appellent à une mobilisation conjointe des autorités de régulation, des pouvoirs publics, des bailleurs de fonds, des coopératives, des associations et des organisations communautaires afin de renforcer les réseaux de distribution et d’améliorer la sensibilisation des populations.
Ils estiment également que la fiscalité, le cadre réglementaire et l’accès au financement devront évoluer pour permettre au secteur de franchir un nouveau cap.
Un pilier du Pacte panafricain de l’assurance inclusive
Ces échanges interviennent dans un contexte marqué par l’adoption du Pacte panafricain de l’assurance inclusive, présenté lors des États généraux de Cotonou.
Pour les participants, la micro-assurance constitue l’un des principaux outils permettant de transformer cette ambition continentale en réalité concrète.
À condition de proposer des produits simples, accessibles et adaptés aux besoins des populations, elle pourrait jouer un rôle majeur dans l’amélioration de la résilience économique des ménages africains et dans l’accélération de l’inclusion financière sur le continent.
221assurances – Le site d’information N°1 de l’Assurance au Sénégal et en Afrique – 17 Juin 2026


