Amar Kébé, nouveau président de la FSSA: un renouveau pour les assurances au Sénégal

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Amar Kébé, nouveau président de la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances: un tournant pour le secteur assurantiel sénégalais. Le 9 mars 2026, un vent de renouveau a soufflé sur le secteur des assurances au Sénégal. Amar Kébé, directeur général d’AXA Sénégal, a été élu président de la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances (FSSA), succédant à Oumou Niang Touré. Cette nomination, annoncée par la FSSA elle-même, marque un moment clé pour une industrie en pleine mutation, confrontée à des défis majeurs comme l’élargissement de la couverture d’assurance et l’innovation produits.

Qui est Amar Kébé, le nouveau capitaine de la FSSA ?

El Hadji Amar Kébé n’est pas un novice dans le monde des assurances. Diplômé de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, de l’Institut International des Assurances de Yaoundé (Cameroun), ainsi que d’HEC Paris et de l’université Paris Dauphine-PSL en France, il allie expertise locale et formation internationale. Intégré à AXA Sénégal dès 2000, il y a gravi tous les échelons pendant 26 ans, occupant divers postes de direction avant de prendre les rênes de la société en 2023.

Âgé d’une expérience solide, Kébé dirige une filiale d’un groupe international présent dans plusieurs segments de l’assurance: vie, non-vie, santé. Son profil est salué par la FSSA, qui voit en lui un leader capable de « renforcer et rayonner le marché des assurances au Sénégal » grâce à son expérience et son leadership. La fédération lui a adressé ses « chaleureuses félicitations » et lui souhaite « plein succès » dans ses nouvelles fonctions. À ses côtés, Papa Seyni Thiam, directeur général de NSIA Assurances Vie, occupe le poste de premier vice-président.

Cette élection intervient dans un contexte de transition. Oumou Niang Touré, précédente présidente, a piloté la FSSA durant une période de consolidation post-pandémie et de digitalisation accélérée. Kébé hérite donc d’une organisation professionnelle qui regroupe les principaux acteurs du secteur, avec pour mission de consolider la dynamique du marché et de favoriser la collaboration entre opérateurs.

La FSSA: pilier du secteur assurantiel sénégalais

Créée pour défendre les intérêts des compagnies d’assurances, la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances (FSSA) joue un rôle central dans l’écosystème financier du pays. Elle regroupe une vingtaine de sociétés, couvrant tous les segments: assurances vie, IARD (incendie, accidents, risques divers), santé et réassurance. Selon des données récentes de la Caisse de Recours des Assureurs à Cotisations Obligatoires (CRCAO), le secteur a collecté plus de 300 milliards de FCFA de primes en 2024, en croissance de 8 % par rapport à l’année précédente, bien que la pénétration reste faible à environ 2 % du PIB[données sectorielles générales].

La FSSA n’est pas qu’un lobby. Elle accompagne la réglementation via le ministère de l’Économie et des Finances, et le Commissariat aux Assurances. Elle promeut aussi l’éducation assurantielle pour élargir la couverture, cruciale dans un pays où seulement 15 % de la population est assurée, contre 5 % en Afrique subsaharienne. Parmi ses priorités: la lutte contre la fraude, la solvabilité des compagnies et l’intégration des technologies comme l’insurtech (assurance technologique).

Sous la présidence de Kébé, la FSSA entend poursuivre ses efforts pour « accompagner la croissance du secteur et renforcer son rôle dans le financement de l’économie nationale ». Cela passe par des partenariats avec les banques, les fintechs et l’État, notamment pour des produits d’assurance agricole ou micro-assurance destinés aux populations rurales.

Les défis du secteur: un marché en quête de maturité\n\nLe secteur assurantiel sénégalais est dynamique mais fragile. Avec une croissance annuelle moyenne de 7-10 % ces dernières années, il bénéficie de l’urbanisation et de la classe moyenne émergente. Cependant, la basse pénétration reste le talon d’Achille: moins de 20 % des ménages ont une assurance santé ou auto, et l’assurance-vie ne représente que 25 % des primes collectées. Les catastrophes climatiques, comme les inondations récurrentes à Dakar, soulignent l’urgence d’une couverture élargie.

Parmi les enjeux majeurs:

– Innovation produits: Besoin de polices adaptées au numérique, comme les assurances paramétriques pour l’agriculture ou les cyber-risques pour les PME.

– Solidité financière: Renforcement des fonds de garantie et application des normes Bâle III pour les assureurs.

– Inclusion financière: Partenariats avec les opérateurs mobiles pour des micro-assurances accessibles via USSD ou apps.

– Réglementation: Harmonisation avec l’UEMOA pour une supervision régionale renforcée.

La nomination de Kébé, issu d’AXA – leader avec 15 % de parts de marché – est vue comme un atout. Son groupe excelle en digitalisation, avec des plateformes comme MyAXA pour souscriptions en ligne. Il pourrait accélérer l’adoption de l’IA pour la gestion des sinistres et la personnalisation des offres.

Perspectives sous la présidence Kébé : vers une assurance inclusive ?

Amar Kébé arrive avec une vision claire: consolider la collaboration entre acteurs et booster le rayonnement du marché. À court terme, la FSSA pourrait pousser pour une réforme de la loi sur les assurances, en discussion depuis 2024, visant à obliger l’assurance santé pour les salariés du privé. À moyen terme, l’objectif est d’atteindre 4 % de pénétration d’ici 2030, aligné sur l’Agenda Sénégal Émergent.

Exemples concrets: extension des assurances solaires pour les ménages off-grid, ou produits climatiques subventionnés par l’État. Avec l’essor des fintechs comme Wave ou Orange Money, les assureurs visent 30 % des primes via mobile d’ici 2028. Kébé, fort de son réseau international, pourrait attirer des investissements étrangers, comme ceux de Munich Re ou Swiss Re en réassurance.

Mais les défis persistent. La concurrence des assureurs informels (tontines) freine la formalisation. La formation des agents reste insuffisante, et les sinistres climatiques pèsent sur les réserves techniques. La FSSA devra aussi dialoguer avec le gouvernement pour réduire la fiscalité sur les primes (actuellement 18 % TTC).

Impact sur l’économie sénégalaise: un levier sous-exploité

Les assurances ne sont pas qu’un secteur isolé; elles financent l’économie. En recyclant les primes en investissements (obligations d’État, immobilier), elles soutiennent le Trésor public et les infrastructures. En 2025, les assureurs ont souscrit 40 % des bons du Trésor à court terme, aidant à boucler le budget. Avec une présidence Kébé, ce rôle pourrait s’amplifier, notamment via des fonds souverains assurantiels.

Pour le public généraliste, cela signifie des protections plus accessibles. Imaginez : une assurance auto à 5 000 FCFA/mois via mobile, ou une couverture santé familiale pour 10 000 FCFA/an. C’est l’enjeu d’une présidence qui mise sur l’innovation et la solidarité.

Vers un avenir radieux ?\n\nL’élection d’Amar Kébé à la tête de la FSSA est une opportunité historique. Son expertise, alliée à une fédération revigorée, pourrait transformer un secteur marginal en pilier économique. Reste à traduire les ambitions en actes concrets : plus de produits adaptés, meilleure éducation et partenariats inclusifs. Les Sénégalais, confrontés à l’incertitude économique et climatique, attendent beaucoup de ce nouveau chapitre.

Le secteur assurantiel sénégalais, avec ses 300 milliards de FCFA de primes annuelles, a le potentiel de doubler d’ici cinq ans. Sous Kébé, la FSSA est bien placée pour y parvenir, en misant sur la tech, la régulation et l’inclusion. Un leadership fort pour un marché fort : le Sénégal en a besoin.

221assurances – Le site d’information N°1 de l’Assurance au Sénégal et en Afrique  – 11 mars 2026

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