L’approche des risques mondiaux dans l’agriculture a bien évolué au regard des années 50 qui étaient restreintes et traditionnelles. Au Sénégal, par exemple, la sensibilisation des agriculteurs à l’assurance agricole devient une priorité face aux risques croissants liés aux catastrophes naturelles et aux aléas climatiques. Cette démarche vise à protéger les exploitants agricoles contre les pertes économiques majeures qui peuvent compromettre leur activité et leur subsistance. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), via son projet Insurance Risk Finance Facility (IRFF), joue un rôle clé dans cette sensibilisation en informant les agriculteurs sur l’importance de souscrire à des assurances adaptées.
L’assurance agricole couvre plusieurs types de risques matériels et économiques auxquels sont exposés les agriculteurs. Elle protège notamment contre les catastrophes naturelles telles que les inondations, sécheresses ou tempêtes, ainsi que contre d’autres sinistres comme l’incendie ou le vol affectant bâtiments, terrains et équipements agricoles. Parmi ces garanties figurent l’assurance multirisque agricole qui inclut la protection des bâtiments agricoles, du contenu (machines, outils) ainsi que des cultures. Sont pris en charge également les bris de machines et matériels ce qui permet la réparation ou le remplacement rapide du matériel endommagé, puis, il y a les pertes d’exploitation qui offrent une compensation financière en cas d’arrêt temporaire de l’activité suite à un sinistre. Enfin, il y a également l’assurance responsabilité civile pour terrain nu qui protège contre les dommages causés à autrui par exemple lors d’inondations ou incendies démarrant sur la parcelle non exploitée.
Au Sénégal spécifiquement, un nouveau système innovant est en cours de déploiement pour certains producteurs comme ceux de bananes et plantains. Ce programme utilise une technologie avancée basée sur la surveillance satellitaire qui déclenche automatiquement l’indemnisation dès que certains seuils météorologiques sont atteints. Cette méthode diffère des assurances traditionnelles fondées sur des évaluations post-sinistre plus longues et complexes.
Le processus d’inscription au programme peut se faire soit par préinscription via une liste officielle du ministère de l’Agriculture ou par auto-inscription numérique ; il est aussi envisagé qu’après catastrophe certains agriculteurs puissent rejoindre le dispositif grâce à une facilitation gouvernementale. L’objectif est également de transférer progressivement tout le risque au secteur privé tout en renforçant la capacité des agriculteurs à intégrer cette assurance dans leurs modèles économiques.
Par ailleurs, il existe au Sénégal un régime spécifique dit « calamité agricole » permettant aux exploitants victimes d’événements climatiques exceptionnels reconnus officiellement d’obtenir une indemnisation partielle. La reconnaissance passe par plusieurs étapes dont une enquête conjointe entre services étatiques (DDTM) et chambres d’agriculture ainsi qu’une expertise météorologique confirmant le caractère exceptionnel du phénomène. Seules certaines pertes non assurables sont couvertes dans ce cadre, principalement les pertes directes sur récoltes éligibles (maraîchage plein champ, arboriculture) ou les pertes physiques liées au sol, mais pas celles concernant les bâtiments agricoles.
Cette double approche d’assurance privée adaptée avec des innovations technologiques couplée au régime public calamité, vise donc à offrir aux agriculteurs sénégalais plusieurs niveaux de protection face aux risques naturels fréquents dans cette région vulnérable.
Renforcer la culture assurantielle chez ces acteurs clés reste donc essentiel pour sécuriser leurs revenus face aux aléas climatiques grandissants, liés notamment au changement climatique mondial.